Pavillon Raspail – la surélévation avec Paris pour horizon
Prolonger l’histoire et le bâti de l’édifice Marcel Lelong
Porter plus haut l’héritage du bâtiment Marcel Lelong : c’est la philosophie qui guide la surélévation du Pavillon Raspail.
Construit au milieu des années 1950 et implanté en U, le bâtiment portait déjà, dans sa composition, les conditions de sa transformation. Sa trame constructive régulière, ses larges plateaux répartis sur quatre niveaux au-dessus d’un rez-de-jardin, ainsi que ses nombreuses façades ouvertes, offrent un socle particulièrement adapté à l’accueil de nouveaux usages résidentiels. Héritée d’un plan hospitalier pensé pour la fluidité des parcours, la ventilation naturelle et la générosité des volumes, cette organisation constitue aujourd’hui une base idéale pour créer du logement.
La surélévation s’inscrit dans cette continuité, sans chercher à imiter l’existant. Par son volume en gradins, ses balcons filants et ses surfaces vitrées en retrait, la surélévation affirme une écriture contemporaine, distincte de la façade des années 1950 en briques orange et pierre grise. Elle entre également en résonance avec l’architecture de verre de l’ancienne Fondation Cartier voisine, signée Jean Nouvel, inscrivant le Pavillon Raspail dans un dialogue attentif avec son environnement immédiat.
Cette intervention prolonge ainsi l’intelligence originelle du lieu: faire circuler l’air, accueillir la lumière, ouvrir les espaces habités sur leur contexte. Elle ne rompt pas avec l’histoire du bâtiment ; elle la poursuit, en lui donnant une nouvelle épaisseur architecturale, urbaine et résidentielle.
Toute l’ambition portée par QUARTUS tient dans cette recherche d’excellence architecturale : révéler les qualités de l’existant, prolonger son histoire et inscrire le Pavillon Raspail dans une présence nouvelle, au cœur de l’écoquartier Saint-Vincent-de-Paul.
Dessiner une nouvelle ligne d’horizon
La surélévation du Pavillon Raspail s’inscrit dans un principe de continuité maîtrisée: ajouter quatre niveaux tout en préservant le charme et la lisibilité de l’édifice d’origine.
Elle porte le Pavillon à près de 29 mètres au-dessus du rez-de-chaussée de référence. Depuis le dernier plancher conservé, plus de 12 mètres de bâti moderne ont ainsi projeté le bâtiment Marcel Lelong vers le ciel. Par retraits successifs jusqu’au septième étage, soustraits au regard depuis la rue, elle affine la silhouette du Pavillon Raspail et ouvre les logements à davantage de lumière, de vues et de prolongements extérieurs.
A date, le projet compte 134 logements, dont 66 logements créés dans les étages surélevés. La surélévation constitue l’un des leviers majeurs de cette transformation urbaine, en créant de nouveaux lieux de vie de grande qualité, ouverts sur Paris et attentifs à leur environnement.
Surélever avec légèreté
Prolonger un édifice des années 1950 n’a rien d’évident : cela exige une lecture fine du bâti et d’un geste architectural d’une grande justesse.
Sous la conduite des architectes Lacaton & Vassal et Gaëtan Redelsperger, la surélévation du Pavillon Raspail traduit cette exigence de mesure. Réalisée en ossature acier, avec des planchers en bois et/ou métal, elle permet d’ajouter de nouveaux niveaux tout en limitant les interventions sur l’édifice d’origine. Fins et réguliers, les poteaux métalliques porteurs dessinent l’armature de la surélévation et donnent leur rythme aux façades.
L’expertise de Bollinger+Grohmann est déterminante pour rendre possible cette intervention délicate : analyser les capacités de l’existant, organiser la reprise des charges, dimensionner les renforcements nécessaires et assurer l’articulation entre le bâtiment conservé et les niveaux neufs. La préfabrication de certains éléments en atelier, puis leur assemblage sur site, contribuent à une mise en œuvre précise, maîtrisée et attentive à l’intégrité du Pavillon Raspail.
Ici, la technique devient pleinement lisible dans le projet. Elle ne se limite pas à des choix constructifs : elle révèle la précision du geste architectural et donne à la surélévation son équilibre, sa clarté et sa légèreté.
Habiter Paris autrement: une qualité résidentielle à la hauteur
Plus l’édifice s’élève, plus il offre aux logements lumière, vues et espaces de respiration. Ici, la hauteur ne se joue pas seulement dans le rapport au ciel et au paysage : elle se ressent aussi dans les volumes intérieurs, renforçant la sensation d’espace et le confort quotidien.
Dans les niveaux créés en surélévation, comme dans le bâtiment réhabilité, la majorité des logements bénéficie à minima d’une double orientation.
Les logements surélevés profitent également d’une façade réglable, pensée pour s’adapter aux saisons comme aux usages : double vitrage clair, rideaux thermiques réfléchissants, volets coulissants en verre ou en polycarbonate composent une enveloppe à la fois technique, climatique et architecturale.
Cette même exigence se prolonge dans la générosité des espaces annexes. Avec, en moyenne, 26 m² par logement créé en surélévation, ces surfaces complémentaires offrent un confort rare à Paris, où de tels extérieurs demeurent exceptionnels. Balcons, vastes terrasses végétalisées et jardins d’hiver deviennent ainsi de véritables lieux de vie. Conçu comme une loggia habitée, le jardin d’hiver compose un véritable seuil entre intérieur et extérieur : espace de respiration l’été, enveloppe thermique l’hiver, son usage s’adapte en fonction des saisons.
Depuis ces niveaux, le regard embrasse Paris : les toits haussmanniens, la silhouette de la tour Eiffel, le Sacré-Cœur, mais aussi, en contrebas, le jardin et l’édifice voisin de l’ancienne Fondation Cartier.
Au Pavillon Raspail, réhabiliter et surélever le bâtiment Marcel Lelong, c’est prolonger la mémoire du lieu tout en lui donnant une nouvelle ambition résidentielle. La surélévation y ouvre une manière rare d’habiter Paris s: plus lumineuse, plus respirante, tournée vers les vues et les horizons de la Ville Lumière.
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